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Illustation / Photographie article Bella vita

Éclairage

La cueillette sauvage à déguster

juin 2023 - 5 minutes

Possible par tous les temps, la cueillette sauvage revêt une saveur d’autant plus agréable avec les beaux jours de la période estivale. L’occasion de renouer avec le savoir d’antan des chasseurs-cueilleurs en y alliant le plaisir de la découverte. Et pourquoi pas déguster les plantes fraîchement récoltées? Voici quelques idées pour vous lancer.

Les campagnes vaudoises en regorgent : thym serpolet, sarriette, cerfeuil, berce, oxalis, sans oublier les indétrônables dents de lion, ail des ours et orties. Des vertus médicinales aux saveurs gustatives, ces plantes symbolisent toutes les ressources végétales indigènes de la région vaudoise. À découvrir en promenade ou directement dans une assiette.

 

Promenades découverte

Avec plus de 3000 espèces différentes de plantes sauvages, la Suisse se révèle être un vaste garde-manger bucolique à explorer. Plus séduisante que les rayons d’un supermarché, la nature nous offre ainsi de quoi se ressourcer et s’inspirer en s’enivrant des senteurs locales. Dans le canton de Vaud, plusieurs activités sont proposées par des herbalistes passionné·es afin d’aller à la rencontre des espèces indigènes. Objectif : identifier les plantes sauvages comestibles et médicinales, les distinguer des cousines nocives, mais aussi transformer les récoltes en délices culinaires dans une cuisine à ciel ouvert. De quoi enrichir son livre de recettes avec de nouvelles saveurs.

 

Pour une découverte des plantes sauvages vaudoises, le sites Cueilleurs Sauvages à Blonay, Herbettes et Into The Nature proposent des cours, ateliers et activités pour tous les âges.

 

Une gastronomie accessible

Autrefois négligée chez les gastronomes, les plantes et fruits sauvages sont au cœur d’une nouvelle tendance. Non seulement valorisées pour leur esthétisme dans l’assiette, les plantes occupent dorénavant une place de choix dans le monde gastronomique. Portées récemment par le chef cuisinier René Redzepi du célèbre Noma à Copenhague, elles ne doivent pas moins leur intérêt actuel aux idées audacieuses de cuisiniers et cuisinières de nos contrées.

 

Première cheffe étoilée de Suisse, Judith Baumann a démocratisé une nourriture végétale sauvage dans les plats de La Pinte des Mossettes et a su fortifier cet héritage auprès de ses homologues romands comme Romain Paillereau, Nicolas Darnauguilhem ou encore Virginie Tinembart. Une nouvelle façon de concevoir la cuisine qui, bien qu’utilisée par la grande gastronomie, n’est pas l’apanage des tables étoilées.

 

Les plantes sauvages et leur transformation en mets savoureux demeurent aisément accessibles, comme en témoigne l’environnementaliste vaudois Michaël Berthoud. Auteur du livre « 54 plantes sauvages comestibles de Suisse romande et France voisine », dont Anne-Sophie Pic a rédigé la préface, il promeut la magie culinaire et médicinale des plantes indigènes auprès des gastronomes en herbe. Laissez-vous tenter!