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Illustation / Photographie article Bella vita

Portrait

Trouver le bon équilibre

Sep 2026 - 4 minutes

Footballeuse internationale, quadruple championne de Suisse, passée par l’Allemagne et les États-Unis, Sandrine Gaillard-Mauron est aujourd’hui de retour au FC Yverdon Féminin. Entre football de haut niveau, vie professionnelle et regard sur l’évolution de son sport, elle nous raconte le parcours qui l’a menée jusqu’ici.

Des terrains de Grandson à la Bundesliga, en passant par l'équipe de Suisse, Servette, les États-Unis et aujourd'hui Yverdon Sport Women, Sandrine Gaillard-Mauron a construit un parcours aussi riche qu'atypique. Employée de commerce en parallèle de sa carrière sportive, elle a toujours cherché à concilier passion et préparation de l'avenir. 

Votre histoire avec le football commence très tôt. Comment tout a démarré?
J'ai commencé à jouer à 6 ans au FC Grandson-Tuileries. C'était avant tout une histoire de famille: mon père, mon oncle et mon frère étaient très investis dans le sport. J'ai pratiqué d'autres disciplines, comme le tennis ou le hockey, mais le football s'est rapidement imposé comme une évidence.

Quelles ont été les grandes étapes de votre parcours?
À 13 ans, j'ai intégré le centre de formation de Huttwil en tant que membre des 20 meilleures joueuses suisses où j'ai découvert la vie loin de chez moi et l'apprentissage en allemand. Ensuite, j'ai rejoint le FC Zurich, puis l’Eintracht Francfort en Bundesliga, Servette, avant de vivre une expérience aux États-Unis avec Tampa Bay. Aujourd'hui, je suis très heureuse de revenir à Yverdon Sport Women.

Vous êtes aussi employée de commerce. Comment conciliez-vous sport de haut niveau et vie professionnelle?
L'organisation est indispensable. Je travaille à temps partiel, je m'entraîne quatre soirs par semaine et les matches ont généralement lieu le samedi. Il faut aussi penser à la récupération et à l'alimentation. C'est un rythme exigeant, mais cet équilibre me convient.

Quelles qualités le football vous apporte-t-il dans votre activité professionnelle?
Le sens du collectif avant tout. Dans une équipe, la communication est essentielle et chacun a un rôle à jouer. J'essaie de retrouver ces valeurs dans mon travail: créer une bonne ambiance, faire le lien entre les personnes et avancer ensemble vers un objectif commun.


Pensez-vous souvent à l'après-carrière?
Oui, clairement. Une grave blessure m'a rappelé que tout pouvait s'arrêter rapidement. C'est notamment pour cette raison que je tenais à obtenir un diplôme et à construire un avenir en parallèle du football. Je suis plutôt à anticiper, de voir ce que j’ai dans le viseur, à réfléchir un peu trop parfois mais cela permet de ne pas prendre de risque.

Le football féminin connaît un bel essor. Comment voyez-vous son évolution?
Chaque génération de joueuses a contribué à faire avancer les choses. Les grandes compétitions, comme l'Euro organisé en Suisse, donnent également une formidable visibilité. Aujourd'hui, le football féminin attire davantage de public et suscite plus d'intérêt.

Quels sont les défis qui restent à relever?
Il faudrait permettre aux joueuses de vivre davantage de leur sport. Beaucoup doivent encore cumuler un emploi avec leur carrière sportive. Des infrastructures de qualité, un salaire minimum et davantage de stabilité permettraient aussi de renforcer notre championnat et de conserver les meilleures joueuses en Suisse.
 

 

« Il faudrait permettre aux joueuses de vivre davantage de leur sport. Beaucoup doivent encore cumuler un emploi avec leur carrière sportive. »

 


Que représente le soutien de partenaires comme Retraites Populaires?
Il est essentiel. Lorsque j'ai commencé à Yverdon, le football féminin bénéficiait de beaucoup moins de moyens. Aujourd'hui, on sent que les partenaires s'engagent davantage. Ce soutien ne se limite pas à l'aspect financier: il permet aussi de gagner en visibilité et de transmettre notre passion, notamment lors d'interventions dans les écoles ou d'événements destinés au grand public.

Quel conseil donneriez-vous à une jeune fille qui rêve de suivre votre parcours?
Qu'elle garde avant tout le plaisir de jouer. La passion est le moteur principal. Il faut avoir envie de progresser chaque jour, apprendre des autres et profiter de toutes les expériences que le football peut offrir.