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Un cocon pensé pour durer
Sep 2026 - 3 minutes
Immobilier | Pour éviter un déménagement ou une entrée en EMS, l’adaptation des logements des personnes âgées s’impose de plus en plus comme une solution. Le programme « Vieillir chez soi » porte cette ambition. Une nouvelle aide cantonale va dans la même direction.
Depuis ce printemps, dans un bâtiment de Morges comportant une septantaine de logements, des portillons ont été installés sur les baignoires, des poignées ont été ajoutées et l’éclairage des salles de bains a été repensé pour apporter davantage de confort aux locataires âgés.
Cet immeuble, géré par Retraites Populaires, bénéficie du programme « Vieillir chez soi », porté par Pro Senectute Vaud en collaboration avec les propriétaires de biens immobiliers. Le but est de favoriser le maintien à domicile.
Le bâti et l’humain
Ça n’a l’air de rien, mais ces mesures changent le quotidien. « L’adaptation des logements est un enjeu de société, car on a le droit de vieillir dans son appartement, mais cela permet aussi aux propriétaires d’étoffer leur offre », indique Marion Zwygart, responsable du programme Habitat et Vie de quartier chez Pro Senectute Vaud.
Le concept a été lancé il y a cinq ans, avec un projet pilote à Lausanne. Puis il s’est étendu du côté de Gland et de Morges. Aujourd’hui, une démarche similaire a été entamée à Nyon et à Yverdon-les-Bains. Il s’agit d’optimiser les logements et de créer du lien social à l’échelle du bâtiment.

Adapter les logements pour bien vieillir chez soi, c’est aussi réinventer les espaces communs: à Morges, le hall d’entrée, pensé pour la rencontre, permet de briser la solitude. L’installation d’une boîte à livres permet aussi de prolonger les échanges.
Étude au cas par cas
« La volonté d’adaptation n’allait pas de soi, il y a eu tout un travail de sensibilisation à mener auprès des bailleurs et des régies », explique Marion Zwygart. Pro Senectute Vaud, de projet en projet, a consolidé son action et son statut, fidélisant certains partenaires comme Retraites Populaires.
Dans le canton, tous les seniors ne bénéficient pas du programme « Vieillir chez soi ». Et les besoins ne trouvent pas automatiquement une réponse dès lors qu’ils sont formulés. « Nous cherchons à accompagner au mieux les besoins liés au vieillissement et à favoriser le maintien à domicile lorsque le logement s’y prête. Chaque situation est examinée individuellement, en tenant compte de la configuration du logement, de sa typologie et de sa vocation à long terme au sein de notre parc », illustre Sébastien Henchoz, directeur du domaine immobilier de Retraites Populaires.
Un atout pour les communes
Pourtant, maintenir les seniors à domicile permet à la collectivité de réaliser des économies. À Gland, 55 appartements ont déjà été optimisés. « Si l’on estime que ces mesures retardent ne serait-ce que de deux ans l’entrée en EMS, l’économie publique se monte à 2 millions de francs. Et c’est sans compter les chutes et les hospitalisations évitées », estime Marion Zwygart.
Un enjeu de taille à l’échelle du canton de Vaud, qui recense près de 145 000 résidents de plus de 65 ans, parmi lesquels 99% des 65-69 ans vivent à domicile. À 85 ans, ils ne sont déjà plus que 80% dans ce cas: un écart qu’une meilleure adaptation des logements pourrait contribuer à réduire.
Un article de Florian Sägesser
Une aide encourageante
Dans le canton de Vaud, une nouvelle subvention est entrée en vigueur le 1er juillet: l’aide financière à l’adaptation au logement. Un senior locataire ou propriétaire peut désormais prétendre à une contribution étatique de 3000 francs pour des travaux d’aménagement (6000 francs pour les couples). De quoi contribuer à faire évoluer les logements.