Portrait
«Je danse même quand je ne danse pas»
Mar 2026 - 3 minutes
Dans les studios de l’Association pour la Formation de Jeunes Danseurs à Lausanne, Matheo Accetta nous accueille avec un sourire timide. Malgré ses 21 heures d’entraînement par semaine, il trouve un moment dans un agenda très serré pour cet entretien.
En filière sport-études au Collège de Béthusy à Lausanne, le lauréat de la Bourse vaudoise de danse 2025 (décernée chaque année depuis 2020 par le Prix de Lausanne et Retraites Populaires) parle doucement, cherche ses mots, puis s’illumine dès qu’il évoque la scène. On pourra le découvrir bientôt dans Cendrillon, au Théâtre de Beaulieu, du 30 avril au 2 mai.
La danse, c’est quoi pour toi ?
C’est une passion, une énorme passion, mais aussi un projet. J’ai commencé à 3 ans après avoir vu un spectacle qui m’avait marqué. Ce qui m’avait plu d’emblée, c’était la chorégraphie, la scène. Puis en commençant les cours j’ai découvert le travail à la barre, la technique, tout le travail caché, et j’ai adoré. Le classique, c’est très précis, chaque mouvement doit être posé, presque parfait. Contrairement à la danse contemporaine où l’on peut se relâcher et interpréter, le classique est très exigeant. Quand j’entends une musique et que je ne peux pas danser, j’imagine des mouvements dans ma tête, je tape du pied sans m’en rendre compte. La musique m’emporte… je danse même quand je ne danse pas.
Quand j’entends une musique et que je ne peux pas danser, j’imagine des mouvements dans ma tête, je tape du pied sans m’en rendre compte. La musique m’emporte… je danse même quand je ne danse pas.

Premier garçon lauréat de la Bourse vaudoise de danse, Matheo a suivi le Stage d’été 2025 du Prix de Lausanne avec des professeurs de renom.
Comment on vit à 15 ans avec un rêve aussi grand ?
Les journées sont longues, je me lève très tôt et je rentre tard. Parfois je suis fatigué, mais sur scène tout disparaît. La danse m’apporte de la joie, c’est une façon de m’exprimer. Je veux en faire mon métier, vivre que de ça. Après, je ne veux pas me fixer des objectifs à tout prix, au risque d’abîmer ma santé. Je vais viser le meilleur de moi-même, et j’arriverai là où j’arriverai. Dans cinq ans, j’aimerais être dans une compagnie, comme le Royal Ballet à Londres ou l’American Ballet Theatre à New York.
De qui as-tu besoin pour tenir ?
De mes parents, de ma petite sœur, de mes profs. Des fois on se décourage un peu, c’est normal. Dans ces moments, ma maman y croit pour moi. Ils m’accompagnent partout, pour les auditions à Londres ou au Portugal. Je leur suis extrêmement reconnaissant.